L’IPCH a grimpé de 66 % depuis 1999, l’IPC de 57 %
Le premier sert à indexer le Smic et les pensions, le second à comparer l’inflation entre pays européens : voici ce que mesure chacun et d’où vient leur écart.
En bref
- L’IPC, créé en 1946, sert de base à l’indexation du Smic, des prestations familiales et des pensions de retraite.
- L’IPCH, harmonisé en Europe, sert aux comparaisons entre pays et à la politique monétaire de la BCE.
- L’écart a atteint 0,9 point en 2022, après une moyenne de 0,15 point par an jusqu’en 2020.
Si l’Insee établit deux indices, c’est qu’ils servent deux objectifs distincts. Le premier, l’indice des prix à la consommation (IPC), est l’outil historique : on s’en sert pour revaloriser le Smic, les prestations familiales et de solidarité, ainsi que les retraites. Le second, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), sert à confronter l’inflation des différents pays d’Europe. Ces explications figurent dans un billet du blog de l’Insee, paru le 15 octobre 2026.
Deux indices nés de besoins différents
L’IPC date de la fondation de l’institut, en 1946. Il avait alors deux finalités : indexer les salaires et guider les politiques économiques. À l’origine, il ne couvrait que quelques dizaines de produits. De nos jours, l’Insee le diffuse tous les mois en s’appuyant sur 140 000 relevés de prix effectués sur le terrain, sur les données de caisse de la grande distribution (près de 1,4 milliard d’observations par mois), sur des relevés réalisés sur internet, sur des bases administratives ou privées et sur des enquêtes concernant les loyers.
Avec le traité de Maastricht, au milieu des années 1990, l’IPCH a vu le jour. Les États membres avaient besoin d’un indice fondé sur des concepts identiques partout, afin de mesurer leur rapprochement économique, puis de nourrir la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne.
Ce que chaque indice mesure
L’IPC reflète le pouvoir d’achat de la monnaie : il observe les prix payés pour tous les biens et services marchands, que la dépense soit ou non couverte en partie par des fonds publics. L’IPCH est plus proche de ce que les ménages déboursent directement, et il peut être consolidé à l’échelle de l’Europe.
| Point de comparaison | IPC | IPCH |
|---|---|---|
| Prix suivis | Bruts, avant remboursement (médicaments, soins de ville, loyers) | Nets, une fois déduite la fraction remboursée par les administrations publiques |
| Services non marchands (hôpital, éducation) | Exclus | Inclus via les paiements partiels des ménages, comme le reste à charge hospitalier |
| Logement des propriétaires occupants | Non retenu | Non retenu |
L’écart de hausse depuis 1999
Entre décembre 1999 et septembre 2026, les deux séries ne se sont pas élevées au même rythme.
| Période | Écart IPCH moins IPC |
|---|---|
| Fin 1999 à fin 2020 | 0,15 point par an en moyenne, jamais au-delà de 0,25 point sur un an |
| 2021 | 0,6 point |
| 2022 | 0,9 point |
| 2023 et 2024 | 0,4 point chaque année |
| 2025 | -0,1 point (IPC à +0,8 %, IPCH à +0,7 %) |
| Fin 2025 à septembre 2026 | +0,3 point sur 9 mois |
Pourquoi l’écart a varié
La différence provient à la fois des poids retenus et des évolutions de prix. De fin 2020 à fin 2023, plus de la moitié de l’écart s’explique par les pondérations. Pendant ces trois années, l’énergie a renchéri de 44 % et l’alimentation de 22 %. Or ces deux catégories comptent davantage dans l’IPCH, avec 16,5 % pour l’alimentation et 8,4 % pour l’énergie, que dans l’IPC, où elles représentent 14,9 % et 7,6 %. Quand l’énergie ou l’alimentation s’envole, l’écart se creuse donc de façon mécanique. En 2025, les prix de l’énergie ayant reculé, l’IPC a affiché une hausse un peu plus vive.
En 2024, la progression de l’IPCH a dépassé celle de l’IPC de 0,4 point, principalement en raison de la santé : cet indice prend en compte le relèvement des franchises sur les médicaments et des participations forfaitaires sur certaines consultations, survenu durant le premier semestre.
Photo : Gustavo Fring / Pexels
